A Saint-Quentin, Nicolas SARKOZY n’a fait que confirmer son incapacité à saisir l’importance du moment dans lequel se trouvent notre pays et notre économie mais également son inaptitude à faire face à la situation.
Pourtant, notre pays vient de connaître deux mobilisations sociales unitaires d’une ampleur sans précédent. Celles-ci témoignent autant de la crainte des Français face à la crise que d’une demande d’intervention de la puissance publique qui doit prendre toutes ses responsabilités face à la dégradation de la situation, dont les économistes s’accordent à dire qu’elle va s’accélérer. Le chef de l’Etat maintient qu’il ne reviendra pas sur le bouclier fiscal et qu’il ne mettra aucun moyen supplémentaire pour relancer l’économie française.
Cet aveuglement tient de l’entêtement idéologique à défendre un système capitaliste qui sombre. Ainsi, là où il faudrait définir une nouvelle régulation, ses appels à la « moralisation » ne sont que vaines prières.
Etalant son refus de repenser le rôle de l’Etat et des collectivités pour faire face à cette crise, Nicolas Sarkozy attaque Lionel JOSPIN et le gouvernement de la gauche plurielle sur leur gestion des licenciements chez Michelin. Tout ça ne le grandit pas et montre surtout qu’il n’appréhende ni la dimension ni la nature des bouleversements qui sont à l’oeuvre. En effet, Lionel JOSPIN, qui rappelons-le, a contribué par son action à créer des centaines de milliers d’emplois, faisait le constat que les outils publics ne permettent pas d’enrayer une fermeture d’usine – un processus isolé dans une période de croissance -. Nous sommes entrés en récession, la dépression guette. Nicolas SARKOZY doit comprendre que les temps sont à la multiplication des fermetures brutales.
Dès lors, désigner des « commissaires de la réindustrialisation » sonne comme un aveu d’impuissance à endiguer la vague qui nous submerge pour tenter, a posteriori, de rebâtir ce qui aura été emporté. C’est une faute sociale et économique.
Pour se donner les moyens de répondre à l’urgence sociale des pertes d’emplois inévitables, il faut commencer par désarmer le bouclier fiscal pour bâtir un bouclier social.
Cela sera cependant insuffisant. Il faut reformater – en aucun cas réduire – la puissance publique pour lui assigner un rôle stratège et prévoyant.
Autrement dit, n’attendons pas que les entreprises ferment pour y envoyer des « réindustrialisat eurs » ! Mettons en place les outils qui permettent à nos entreprises de traverser la crise, d’évoluer et de préparer la sortie de crise.
En Essonne, deux entreprises majeures sont menacées : Faurecia et Altis.
La première, qui emploie plus de 1200 salariés, est une filiale de PSA Peugeot-Citroën et conçoit des sièges automobiles. Elle est en danger, et ce malgré une aide massive de l’Etat.
Altis, joint-venture d’IBM et Infineon, emploie directement près de 1500 salariés (et génère autant d’emplois indirects). Constructeurs de semi-conducteurs, elle est au coeur du pôle de compétitivité System@tic et a déjà bénéficié de 35 millions d’euros d’allègement de charges fiscales. En l’état, elle est condamnée à une fermeture fin 2009.
Ces deux entreprises, leurs emplois, peuvent être sauvés. Elles peuvent évoluer, repartir, créer des emplois et conserver en France un savoir-faire dont nous aurons besoin.
Carlos DA SILVA
Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste – Essonne
Conseiller général de l’Essonne
www.ps91.fr
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